15/09/2013 18:00 par Sinfonia


Apesar das ruinas e da morte,
Onde sempre acabou cada ilusão,
A força dos meus sonhos é tão forte,
Que de tudo renasce a exaltação
E nunca as minhas mãos ficam vazias.


~

 

Malgré les ruines et la mort,
Où s’acheva toujours chaque illusion,
La force de mes rêves est si forte,
Que de tout renaît l’exaltation
Et mes mains jamais ne restent vides.

 


Sophia de Mello Breyner Andresen, Malgré les ruines et la mort...


15/09/2013 17:58 par Sinfonia

  • 15/09/2013 17:58 par Sinfonia


15/09/2013 17:57 par Sinfonia


La "Porte Sainte" de la Sé

Un souvenir du passage du Graal?

 

 

Expression sur Terre de la Porte du Paradis terrestre gardée par l'archange Saint Michel, la Porte Sainte symbolise le passage entre le monde Humain et le monde Divin. Elle ne s'ouvre qu'à des dates fixées par le calendrier religieux, tel le Jubilé, et c'est à cause de cette importance majeure que seuls les temples les plus importants de la Chrétienté liés à ses fondements spirituels ont des Portes Saintes.
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, il n'y a donc pas que les quatre basiliques de Rome qui possèdent des Portes Saintes : en entrant dans la Sé de Lisbonne, on peut ainsi voir sur la gauche une inscription discrète attestant de l'existence d'une Porte Sainte. A l'extérieur, en remontant la rua do Aljube le long de la paroi nord de l'édifice, se trouve l'autre côté de la porte.
Les explications sur son existence ont été aussi rares que vagues, la seule certitude étant qu'elle donne aussi bien accès à l'intérieur de l'église qu'à la loge du Cardinal-Patriarche par une autre petite porte latérale située dans un recoin caché de la première.
Suite à la fondation du Patriarcat de Lisbonne le 3 novembre 1716, le Patriarcat portugais estima que si l'église Saint-Pierre de Rome avait une Porte Sainte, la Sé de Lisbonne devait en avoir une aussi, se référant probablement à la tradition mystérieuse selon laquelle la coupe du Graal elle-même (réceptacle du sang du Christ et des larmes de la Vierge) serait passée par cette porte plusieurs siècles auparavant. Profitant de la construction de la loge du Patriarche, début 1717, on lui a annexé la Porte Sainte, en une attitude révélatrice de l'Eglise portugaise qui voulait s'affranchir de la politique de l'Eglise romaine, un peu comme si elle disait : "Les Romains en ont une, mais les Portugais aussi " ...
Il semble que la première Porte Sainte date du XIIe siècle quand l'évêque Diego Gelmirez inaugura celle de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle à l'occasion de l'Année Sainte (25 juillet 1101). Ce n'est qu'en 1499 que le Pape en ouvrit une à Rome, certainement inspiré de l'autre Porte Sainte de Jérusalem, plus couramment appelée "Porte du Soleil" (ou "Porte dorée" ou "Porte du Lion") par laquelle Jésus serait passé le Dimanche des Rameaux et par où devra passer, selon la croyance, le prochain Messie.
Cette tradition est liée à la célébration du Jubilé (célébré tous les 25 ans depuis le Pape Boniface VIII le 22 février 1300), une Année Sainte à l'occasion de laquelle le Pape ou le Patriarche ouvrent les Portes Saintes.
Le Jubilé de la Sé de Lisbonne commença à être célébré à aprtir de 1717, date de la fondation du Patriarcat de Lisbonne.
Symboliquement, la Porte Sainte représente Marie, la "Porte du Ciel" (Portae Coelis), signalée par la Fleur de Lis sculptée sur l'extérieur de la porte et qui exprime la Royauté Divine. Le passage à travers cette Porte Sainte, que seul le Cardinal-Patriarche peut ouvrir et traverser, symbolise, lui, le passage cyclique de la mortalité vers l'immortalité.
Enfin, les lettres grecques Alpha et Oméga, gravées également sur la Porte, symbolisent le "Commencement" et la "Fin" et représentent le Tout-Puissant Dieu Seigneur de la Vie et de la Mort par qui toutes choses furent créées et seront récoltées, selon Saint Jean l'Apôtre dans le Nouveau Testament (Apocalypse,1,4-8), et le Prophète Isaiah (44,6-8) dans l'Ancien Testament. Au Moyen Âge, Alpha et Oméga ornent fréquemment l'auréole du Juge de l'Univers à droite et à gauche de son front. Ces deux lettres grecques sont également très utilisées comme ornement des tombeaux chrétiéns pour indiquer que la personne ici enterrée a vu en Dieu son commencement et sa fin.

 


15/09/2013 17:51 par Sinfonia

  • 15/09/2013 17:51 par Sinfonia


06/09/2013 15:45 par Sinfonia

  • 06/09/2013 15:45 par Sinfonia

Ana Moura

06/09/2013 15:40 par Sinfonia

 


06/09/2013 15:39 par Sinfonia

  • 06/09/2013 15:39 par Sinfonia


06/09/2013 15:37 par Sinfonia

Passa, lento vapor, passa e não fiques...
 Passa de mim, passa da minha vista,
 Vai-te de dentro do meu coração.
 Perde-te no Longe, no Longe, bruma de Deus,
 Perde-te, segue o teu destino e deixa-me...
 Eu quem sou para que chore e interrogue?
 Eu quem sou para que te fale e te ame?
 Eu quem sou para que me perturbe ver-te?
 Larga do cais, cresce o sol, ergue-se ouro,
 Luzem os telhados dos edifícios do cais,
 Todo o lado de cá da cidade brilha...
 Parte, deixa-me, torna-te
 Primeiro o navio a meio do rio, destacado e nítido,
 Depois o navio a caminho da barra, pequeno e preto,
 Depois ponto vago no horizonte (ó minha angústia!),
 Ponto cada vez mais vago no horizonte...,
 Nada depois, e só eu e a minha tristeza,
 E a grande cidade agora cheia de sol
 E a hora real e nua como um cais já sem navios,
 E o giro lento do guindaste que, como um compasso que gira,
 Traça um semicírculo de não sei que emoção
 No silêncio comovido da minh'alma...

 

 ~

 

 Passe,lent vapeur, passe et ne reste pas...
 Passe loin de moi, loin de ma vue,
 Va-t-en du dedans de mon cœur,
 Perds toi au Large, au Large brume de Dieu
 Perds toi suis ton destin, et laisse moi...
 Et moi, qui suis-je, pour pleurer et interroger?
 Qui suis-je pour te parler et t'aimer?
 Qui suis-je pour que te voir me trouble?
 Va-t-en du quai, le soleil croît, or,
 Luisent les toits des bâtiments du quai,
 Tout ce côté-ci de la ville brille...
 Pars, laisse-moi, et deviens
 D'abord ce navire au milieu du fleuve, visible et net,
 Puis ce navire cheminant vers la "barre", petit et noir,
 Puis, vague point à l'horizon (ô mon angoisse!)
 Point de plus en plus vague à l'horizon...,
 Puis rien, sinon moi et ma tristesse,
 Et la grande ville maintenant pleine de soleil
 Et l'heure réelle et nue comme un quai sans navires,
 Et la lente rotation de la grue, comme un compas qui tourne,
 Traçant un demi-cercle de je ne sais quelle émotion
 Dans le silence troublé de mon âme...

 


 Álvaro de Campos/Fernando Pessoa,Ode Maritime, Extrait.


06/09/2013 15:36 par Sinfonia

  • 06/09/2013 15:36 par Sinfonia


06/09/2013 15:35 par Sinfonia

 SER POETA

 

 Ser poeta é ser mais alto, é ser maior
 do que os homens, morder como quem beija,
 é ser mendigo e dar como quem seja
 rei do reino de aquém e de além-dor...

 É ter de mil desejos o esplendor
 e não saber sequer que se deseja,
 é ter cá dentro um astro que flameja,
 é ter garras e asas de condor...

 É ter fome, é ter sede de infinito,
 pôr elmo às manhãs de oiro e de cetim,
 é condensar o mundo num só grito...

 e é amar-te assim perdidamente,
 é seres alma e sangue, e vida em mim,
 e dizê-lo cantando a toda a gente!

 ~


 Être poète c’est être plus haut, c’est être plus grand
 Que les hommes! Mordre comme qui embrasse,
 C’est mendier et donner comme si on était
 Roi du Royaume d’Ici et d’Au-delà de la Douleur!


 C’est avoir de mille désirs la splendeur
 Sans même savoir qu’on les désire!
 Et avoir en soi un astre qui resplendit
 C’est avoir des griffes et des ailes de condor!


 C’est avoir faim, c’est avoir soif d’Infini!
 Comme armure, les matins d’or et de satin…
 C’est condenser le monde dans un seul cri!


 Et c'est t’aimer ainsi, éperdument…
 Et que tu sois âme, sang et vie en moi
 Et le dire en chantant au monde entier!

 


 Florbela Espanca.