25/08/2013 18:52 par Sinfonia
25/08/2013 18:52 par Sinfonia
25/08/2013 18:51 par Sinfonia
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Somos quem não somos, e a vida é pronta e triste. O som das ondas à noite é um som da noite; e quantos o ouviram na própria alma, como a esperança constante que se desfaz no escuro com um som surdo de espuma funda! Que lágrimas choraram os que obtiveram, que lágrimas perderam os que conseguiram! E tudo isto, no passeio à beira-mar, se me tornou o segredo da noite e da confidência do abismo. Quantos somos! Quantos nos enganamos! Que mares soam em nós, na noite de sermos, pelas praias que nos sentimos nos alagamentos da emoção!
Aquilo que se perdeu, aquilo que se deveria ter querido, aquilo que se obteve e satisfez por erro, o que amámos e perdemos e, depois de perder, vimos, amando por tê-lo perdido, que o não havíamos amado; o que julgávamos que pensávamos quando sentíamos; o que era uma memória e críamos que era uma emoção; e o mar todo, vindo lá, rumoroso e fresco, do grande fundo de toda a noite, a estuar fino na praia, no decurso nocturno do meu passeio à beira-mar...
Quem sabe sequer o que pensa ou ,o que deseja? Quem sabe o que é para si-mesmo? Quantas coisas a música sugere e nos sabe bem que não possam ser! Quantas a noite recorda e choramos e não foram nunca!
Como uma voz solta da paz deitada ao comprido, a enrolação da onda estoira e esfria e há um salivar audível pela praia invisível fora.
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Nous sommes qui nous ne sommes pas, la vie est brève et triste. Le bruit des vagues, la nuit, est celui de la nuit même; et combien l'ont entendu retentir au fond de leur âme, tel l'espoir qui se brise perpétuellement dans l'obscurité, avec un bruit sourd d'écume résonnant dans les profondeurs! Combien de larmes pleurées par ceux qui obtenaient, combien de larmes perdues par ceux qui réussissaient! Et tout cela, durant ma promenade au bord de la mer, est devenu pour moi le secret de la nuit et la confidence de l'abîme. Que nous sommes nombreux à vivre, nombreux à nous leurrer! Quelles mers résonnent au fond de nous, dans cette nuit d'exister, sur ces plages que nous nous sentons être, et où déferle l'émotion en marées hautes!
Ce que l'on a perdu, ce que l'on aurait dû vouloir, ce que l'on a obtenu et gagné par erreur; ce que nous avons aimé pour le perdre ensuite, en constatant alors, après l'avoir perdu et l'aimant pour cela même, que tout d'abord nous ne l'aimions pas; ce que nous nous imaginions penser, alors que nous sentions; ce qui était un souvenir, alors que nous croyions à une émotion; et l'océan tout entier, arrivant, frais et sonore, du vaste fond de la nuit tout entière, écumait délicatement sur la grève, tandis que se déroulait ma promenade nocturne au bord de la mer...
Qui d'entre nous sait seulement ce qu'il pense, ou ce qu'il désire? Qui sait ce qu'il est pour lui-même? Combien de choses nous sont suggérées par la musique, et nous séduisent par cela même qu'elles ne peuvent exister! La nuit évoque en nous le souvenir de tant de choses que nous pleurons, sans qu'elles aient jamais été! Telle une voix s'élevant de cette paix de tout son long étendue, l'enroulement des vagues explose et refroidit, et l'on perçoit une salivation audible, là-bas sur le rivage invisible.
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Bernardo Soares/Fernando Pessoa,Livro do desassossego,volume II.
25/08/2013 18:50 par Sinfonia
25/08/2013 18:48 par Sinfonia
Les Azulejos:
Art décoratif national qui consiste à peindre des carreaux de faïence, à dominante bleue mais aussi jaune,vert sepia. Ce sont des carrés de 14 cm de côté qui viennent orner les murs des palais,églises et autres monuments historiques portugais.
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L' art de l'Azulejo au Portugal.
Mélange de traditions et d'originalité, l'histoire de l' Azulejo raconte notre histoire, l'évolution de notre société et de notre culture dont sont parties intégrantes divers éléments tels que l'influence islamique, l'esprit de la Renaissance, l'exotisme des Grandes Découvertes portugaises, l' influence du Nord de l'Europe ou la fascination par l'Orient .
Jorge Couto Presidente do Instituto Camões : Un très grand art. "Au Portugal, l' azulejo a largement surpassé sa simple fonction utilitaire ou ornementale. Empreignant notre architecture et nos villes d'une note poétique il a accédé au statut transcendant d' "ART".
Pourquoi l'azulejo portugais se différencie des azulejos hollandais, espagnols, arabes..?
Le terme azulejo désigne de petits carrés de céramique avec une face vitreuse et décorée.Son usage est identique en Espagne, Italie, Hollande, Turquie, Iran et au Maroc mais dans l' univers artistique portugais, les azulejos ont un statut très particulier.
1. De part l' ancienneté de son utilisation, ininterrompue depuis 5 siècles
2. De part son mode d'application, comme élément déterminant dans l'architecture portugaise, couvrant de grandes surfaces, tant à l'intérieur qu'à l'exterieur des bâtiments exprimant leur monumentalité.
3. De part l' interprétation que l' on en fit au long des siècles, non seulement en tant qu'art décoratif mais aussi comme témoin de l' imaginaire.
Brève histoire: quelques dates.
Du 15º au 16º siècle : la tradition islamique.
Seville fut le grand centre producteur, les techniques sont archaïques :corde sèche et arête.
Les motifs évoluent.De géométriques, les motifs deviennent animalistes et végétaux.
D. Manuel 1°, après un voyage à l' Alhambra à Grenade, fait décorer son palais de Sintra avec des azulejos (photo).
16º siècle : les influences italiennes et flamandes.
Les céramistes italiens introduisent dans les Flandres, où les portugais se fournissaient, la technique majolique utilisée pour peindre la faïence et l'appliquent aux azulejos. Dans la 2º partie du siècle les céramistes flamands installent une production à Lisbonne. Les dessins sont très élaborés, s'inspirant de la peinture classique et permettent de créer des compositions monumentales.
17º siècle :les azulejos fabriqués en série.
Les grandes compositions uniques adaptées à chaque espace reviennent trop cher.
Afin de diminuer le coût, tout en continuant à créer des compositions monumentales, les artistes céramistes produisent en série les azulejos types utilisés sous la forme de panneaux géométriques complétés par des bordures.
Vers 1660-70, influencés par la porcelaine chinoise, les artistes flamands et portugais créent des décors blancs et bleus au détriment de la polychromie.
18º siècle :"la grande production".
Les richesses rapportées du Brésil donnent vie au Portugal.La production augmente car la création artistique est exceptionnelle. La Cour, l'Eglise. la Noblesse rivalisent pour afficher leur pouvoir et leur splendeur. On décore les palaces, les églises, les couvents, les hôpitaux, etc...de grands panneaux narratifs et figuratifs.Les entrées sont le reflet de l' époque, où l' on pose de merveilleuses "figures d'invitation". Au milieu du siècle les panneaux de style Régence et Barroque se multiplient, de plus en plus complexes et aux bordures de plus en plus grandes...et assortis de somptueuses et exhorbitantes sculptures dorées.
1755 : un terrible tremblement de terre suivi d'un grand incendie détruit le quartier de la Baixa à Lisbonne.
Il faut rapidement reconstruire la ville. On manque de temps et d' argent...l' industrialisation se développe davantage pour produire plus à moindre coût. Le style et les thèmes changent à nouveau: réintroduction de la polychromie, grande utilisation du manganèse, les scènes galantes et buccoliques revêtissent les murs des nouveaux palais et jardins d'une nouvelle clientèle, sous l'influence de Watteau et de Pillement. Le Néoclassicisme fait triomphe, cependant l' Eglise et la Noblesse restent fidèles à leurs thèmes traditionnels.
19º siècle :
Les azulejos recouvrent les façades de Lisbonne et Porto. Au 18º siècle les brésiliens utilisaient les azulejos pour protéger leurs maisons de la chaleur et de l'humidité. Les portugais vivant au Brésil, de retour au Portugal rapportent cette coutume décorative.
A partir de la seconde moitie du siècle, des milliers de façades sont recouvertes d' azulejos de fabrication industrielle, aux couleurs vives. Les embrasures des portes et des fenêtres constituent les éléments fondamentaux de la composition décorative. A la fin du siècle, apparaissent des azulejos du style Art Nouveau suivis du style Art Deco.
20º siècle: nouvelle utilisation des azulejos.
Les urbanistes et les architectes relancent, à partir des années 50, la mode d' utilisation décorative des azulejos qui était tombée en désuétude. On fait appel à de grands artistes pour décorer les espaces urbains tels que le métropolitain de Lisbonne...mais aussi des espaces publics comme les magasins et les cafés.
A la fin du siècle, des panneaux monumentaux réaniment la partie Est de Lisbonne à l'occasion des travaux de récuperation pour l' Exposition Universelle de 1998, au parc des Nations.
25/08/2013 18:47 par Sinfonia
Carlos Paredes
22/08/2013 12:13 par Sinfonia
Carlos Paredes, Canto de Embalar
22/08/2013 12:10 par Sinfonia

22/08/2013 12:09 par Sinfonia
O Tejo é mais belo que o rio que corre pela minha aldeia,
Mas o Tejo não é mais belo que o rio que corre pela minha aldeia
Porque o Tejo não é o rio que corre pela minha aldeia,
O Tejo tem grandes navios
E navega nele ainda,
Para aqueles que vêem em tudo o que lá não está,
A memória das naus.
O Tejo desce de Espanha
E o Tejo entra no mar em Portugal.
Toda a gente sabe isso.
Mas poucos sabem qual é o rio da minha aldeia
E para onde ele vai
E donde ele vem.
E por isso, porque pertence a menos gente,
É mais livre e maior o rio da minha aldeia.
Pelo Tejo vai-se para o Mundo.
Para além do Tejo há a América
E a fortuna daqueles que a encontram.
Ninguém nunca pensou no que há para além
Do rio da minha aldeia.
O rio da minha aldeia não faz pensar em nada
Quem está ao pé dele está só ao pé dele.
~
Le Tage est plus beau que la rivière qui traverse mon village.
Mais le Tage n’est pas plus beau que la rivière qui traverse mon village
Parce que le Tage n’est pas la rivière qui traverse mon village.
Le Tage a de grands navires
Et sur lui navigue encore,
Pour ceux qui voient en toute chose ce qui n’y est pas,
La mémoire des caravelles.
Le Tage descend d’Espagne
et le Tage se jette dans la mer au Portugal.
Tout le monde sait ça.
Mais bien peu de gens savent quelle est la rivière de mon village
Ni où elle va
Ni d’où elle vient.
Et c’est pourquoi, vu qu’elle appartient à moins de monde,
Elle est plus libre et plus grande, la rivière de mon village.
Par le Tage on s’en va vers le monde.
Au-delà du Tage il y a l’Amérique
Et la fortune pour ceux qui font fortune.
Personne n’a jamais pensé à ce qui qu’il y a au-delà
De la rivière de mon village.
La rivière de mon village ne fait penser à rien.
Celui qui se trouve auprès d’elle se trouve auprès d’elle, voilà tout.
7-3-1914
“O Guardador de Rebanhos”. In Poemas de Alberto Caeiro. Fernando Pessoa.
22/08/2013 12:09 par Sinfonia

22/08/2013 12:08 par Sinfonia
Mar
De todos os cantos do mundo
Amo com um amor mais forte e mais profundo
Aquela praia extasiada e nua,
Onde me uni ao mar, ao vento e à lua.
Cheiro a terra as árvores e o vento
Que a Primavera enche de perfumes
Mas neles só quero e só procuro
A selvagem exalação das ondas
Subindo para os astros como um grito puro.
~
Parmi tous les lieux du monde
J’aime de l’amour le plus fort et le plus profond
Cette plage extasiée et nue,
Où je me fonds à la mer, au vent et à la lune.
Je sens la terre les arbres et le vent
Que le printemps gonfle de parfums
Mais en eux je ne désire je ne recherche
Que l’exhalaison sauvage de la houle
Montant vers les astres comme un cri pur.
Sophia de Mello Breyner Andresen .
