27/08/2015 12:54 par Sinfonia
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27/08/2015 12:53 par Sinfonia
27/08/2015 12:53 par Sinfonia
Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.
Par delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.
Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.
Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?
~
Quem olha, de fora, através de uma janela aberta, não vê jamais tantas coisas quanto quem olha uma janela fechada. Não há objeto mais profundo, mais misterioso, mais fecundo, mais tenebroso, mais deslumbrante do que uma janela iluminada por uma vela, O que se pode ver à luz do sol é sempre menos interessante do que o que se passa atrás de uma vidraça. Nesse buraco negro ou luminoso vive a vida, sonha a vida, sofre a vida.
Além das vagas do teto, percebo uma mulher madura, enrugada mesmo, pobre, sempre inclinada sobre qualquer coisa e que nunca sai de casa. Por seu rosto, por seus vestidos, por seus gestos, por quase nada eu refaço a história dessa mulher, oti antes, sua legenda e, às vezes, conto a mim mesmo, chorando, essa história.
Se tivesse sido um pobre velho, eu, também, refaria a dele, facilmente.
E me deito orgulhoso de ter vivido e sofrido nos outros como se fosse em mim mesmo.
Talvez vocês me dirão “Estás certo de que esta fábula seja verdadeira?” Que importa o que possa ser a realidade situada fora de mim, se ela me ajuda a viver, a sentir que existo e o que sou?
Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, Les fenêtres/As janelas.
27/08/2015 12:51 par Sinfonia
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27/08/2015 12:49 par Sinfonia
27/08/2015 12:49 par Sinfonia
27/08/2015 12:48 par Sinfonia
27/08/2015 12:47 par Sinfonia
Il ne suffit pas d'ouvrir la fenêtre,
pour voir les champs et la rivière.
Il ne suffit pas de n'être pas aveugle
pour voir les arbres et les fleurs.
Il faut également n'avoir aucune philosophie.
Avec la philosophie il n'y a pas d'arbres : il n'y a que des idées.
Il n'y a que chacun d'entre nous, telle une cave.
Il n’y a qu’une fenêtre fermée, et tout l'univers à l'extérieur;
Et le rêve de ce qu'on pourrait voir si la fenêtre s'ouvrait,
Et qui jamais n'est ce qu'on voit quand la fenêtre s'ouvre.
~
Não basta abrir a janela
Para ver os campos e o rio.
Não é bastante não ser cego
Para ver as árvores e as flores.
É preciso também não ter filosofia nenhuma.
Com filosofia não há árvores: há ideias apenas.
Há só cada um de nós, como uma cave.
Há só uma janela fechada, e todo o mundo lá fora;
E um sonho do que se poderia ver se a janela se abrisse,
Que nunca é o que se vê quando se abre a janela.
Fernando Pessoa, Poemas Inconjuntos/Poèmes désassemblés, Não basta abrir a janela/Il ne suffit pas d'ouvrir la fenêtre.
